Anciens, révisez (I)

Les lignes qui suivent sont extraites de « Ainsi pensent et agissent tes anciens », recueil de traditions et code de bienséance publié en 1948. La suite viendra au fil des jours …

Dès 1605, le Collège comptait plus de 1200 élèves. Sous Louis XIII les gentilshommes élevés gratuitement étaient « instruits aux manœuvres et exercices de l’In­fanterie » par un vieux sous-officier attaché au Collège. En 1626, il y avait au Collège 299 pensionnaires et 1800 externes. Ce chiffre se maintint à peu près pendant le règne de Louis XIII et une partie de celui de Louis XlV; mais, en 1761, au moment où les Jésuites expulsés de France vont quitter La Flèche, il n’y avait plus que 300 pensionnaires et 250 externes.

Pendant cette période (1604-1762), le Collège fut réputé pour la science de ses professeurs. Descartes, qui fut élève de La Flèche, en fit l’éloge et demeura toute sa vie en relation avec eux.

Sur le théâtre de l’Ecole (ancienne Salle des Actes aujourd’hui transformée en amphithéâtre et dortoir) les professeurs faisaient jouer, en grec et en latin, des dra­mes historiques qui ne furent pas sans exercer une influence sur le développement en notre théâtre de l’esprit classique de Corneille, Racine et Voltaire. Ce sont encore des professeurs de La Flèche qui pri­rent l’initiative de missions en Amérique et un de leurs élèves; Le Royer de la Dauversière, fut le promoteur de la Fondation de Montréal au Canada (1630-1642).

Après le départ des Jésuites, en 1762, la Municipalité de La Flèche fut chargée de pourvoir à leur remplace­ment. C’est ainsi que des Professeurs, tant laïques qu’ecclésiastiques assurèrent la continuité de l’Ecole de La Flèche « … Cette année-là, l’année scolaire se ter­mina comme aux années précédentes, par une distri­bution des prix où fut jouée la comédie « Le Bour­geois Gentilhomme » et la tragédie « La mort de César … ». Et à la rentrée de l’année classique 1762-1763 « le nouveau Principal prononça une harangue latine ».

Cependant, à la demande des Officiers de la Séné­chaussée de La Flèche, le Ministre Choiseul se décida, en 1764, à faire du Collège de La Flèche une « Ecole Préparatoire à l’Ecole Militaire de Paris » créée en 1751. Les lettres-patentes de Louis XV portant créa­tion, à La Flèche, d’une Ecole préparatoire à l’Ecole Militaire du Champ de Mars, qui sont du 7 avril 1764, expliquent pour quels motifs l’institution nouvelle est nécessaire, « l’expérience ayant fait reconnaître que les instructions et les exercices qui appartiennent à la pro­fession militaire exigent une première éducation, etc … ».

Ces lettres-patentes fixaient à 250 le nombre des élèves « vêtus de l’uniforme » et créaient en même temps 250 places à l’Ecole Militaire de Paris, réservées aux éièves de La Flèche. Il y a lieu de noter que les élèves reçus à La Flèche n’étaient plus nécessairement fils de gentilhommes, « mais aussi ceux des Officiers blessés à la guerre ».

Le 20 février 1772, de nouvelles lettres-patentes ap­portèrent de notables modifications à l’édit de 1764 : tous les jeunes gens reçus à l’Ecole Militaire de Paris devront avoir fait leurs études au Collège de La Flèche ; et, parmi les dispositions de détail de ces nouvelles let­tres, il y a lieu de noter que : « des admissions pourront avoir lieu en faveur des familles composées de huit enfants vivants, dont les pères n’auront pas servi « ·

De 1764 à 1776, l’Ecole Militaire de La Flèche fournit aux Armées de terre et de mer des officiers qui s’illus­trèrent d’abord pendant la guerre de l’indépendance américaine, ensuite pendant les campagnes de la Révo­lution et de l’Empire.

En 1776, l’Ecole Militaire de La Flèche est supprimée et les élèves, par ordre du Comte de Saint-Germain, nouveau_ Ministre de la Guerre, sont dispersés « dans 12 Ecoles Militaires monacales » ; mais, bientôt, de nou­velles lettres patentes de Louis XVI, du 20 mai 1776, réorganisent l’Ecole de La Flèche et déterminent les « moyens de perfectionner l’éducation et l’instruction des jeunes gentilshommes qui se destinent à la carrière des Armes ».

C’est la  » Congrégation de la Doctrine Chrétienne  » qui reçut la mission  » d’entretenir un pensionnat mili­taire à l »instar de celui de l’Ecole Militaire et d’après les mêmes règlements « .

Le Collège de La Flèche, supprimé en avril 1793, était devenu école secondaire quand, sur les instances de la Municipalité de La Flèche, l’Empereur, par décret daté de Saint-Cloud le 24 mars 1808, ordonna la translation du Prytanée de Saint-Cyr à La Flèche et celui de l’Ecole Militaire de Fontainebleau à Saint-Cyr.

Le décret ajoutait que les élèves du Pnytanée de­vaient être  » de préférence des fils de militaires : 200 boursiers, 200″ pensionnaires « .

Un décret impérial de 1811 créa à La Flèche une « Ecole d’Artillerie annexée au Prytanée » qui reçut 160 élèves, et c’est ainsi qu’ « en 1813, sur 620 élèves du Prytanée Militaire, 80 du premier bataillon d’Infan­t.erie et 70 de la première classe d’Artillerie passèrent à l’Ecole spéciale de Saint-Cyr ».

Parmi les 600 élèves du Prytanée, on trouve à cette époque des Italiens, des Allemands et des. Croates en­voyés à La Flèche sur l’ordre de l’Empereur. Mais l’année 1814 devait marquer la fin du premier Prytanée.

Toutefois, une ordonnance de Louis XVIII, en date du 23 septembre 1814, faisait de l’Ecole de La Flèche une Ecole préparatoire à Saint-Cyr. On devait y rece­voir, « parmi les candidats remplissant les conditions requises, les orphelins de père et de mère, ceux dont le père aura été tué sur le champ de bataille ou sera mort de ses blessures, et, enfin, ceux à qui la position de leur famille rendra des secours plus nécessaires pour faire leur éducation ».

La môme ordonnance précisait que  » les élèves ne pourront passer de l’Ecole de La Flèche à celle de Saint­-Cyr qu’après avoir été examinés et jugés suffisamment instruits ». En février 1831 une décision du Roi Louis-Philippe ordonnait la formation d’un Collège militaire qui sub­sista ainsi jusqu’en 1853 et mettait  » les élèves dans le droit commun ».

Le 6 janvier 1853, un décret rendait au Collège de La Flèche son premier nom de  » Prytanée Militaire » et en fixait le but :  » L’objet de l’institution est de ré­compenser les services rendus à l’Etat par les Officiers des Armées de terre et de mer, en donnant à leurs fils, indépendamment de l’éducation militaire, une instruc­tion étendue pour leur permettre de se présenter aux concours d’admission à l’Ecole Polytechnique et à l’Ecole Spéciale Militaire ».

Quatre cents élèves devaient y être entretenus aux frais de l’Etat. La même année, il était envoyé aux élèves du Prytanée leur premier Drapeau qui portait sur sa soie ces simples mots  » Honneur et Discipline « . C’est la même devise, le même programme qui figure sur le Drapeau du Prytanée d’aujourd’hui.

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